Bribe #3 — 03-05-2017

Et si le récit prenait une place importante dans les rapports de recherche ? Là où le texte analytique présente un phénomène social à partir d’un angle d’attaque, puis d’un autre, puis d’un autre, le récit propose un agencement différent des acteurs et entités dont l’auteur souhaite parler permettant d’en montrer autre chose. Pour Latour, l’écrit du chercheur a pour but d’inscrire un monde social sur papier, de le faire revivre et l’enjeu de l’objectivité n’est pas la neutralité du chercheur, mais sa capacité à faire venir sur le papier les entités et associations qu’il aura observées et à les faire parler. En cela, le récit est un outil remarquable. Il dépasse le simple statut de preuve ou d’exemple qui lui est le plus souvent donné à travers les verbatim et bribes d’observation. Il est un théâtre où se rejoue le monde, où l’objet de la recherche peut apparaître en globalité. Là où le texte analytique parcours le monde de manière incisive, le récit peut offrir de la globalité, donnant à voir tous les acteurs dans une même mise en scène.

Par exemple, je peux écrire un chapitre sur les matériaux de base de la formation, un autre sur les formateurs dans leur fonction de management et encore un autre sur les formations comme dispositif visant à affecter les étudiants. À partir de ces trois sites de problématisation, le lecteur devra se construire une vue d’ensemble par sa capacité à établir des liens et sur la base des indications que j’aurai laissées dans le texte. Si un récit s’y joint, il offre une vue d’ensemble où dans un même texte, le lecteur pourra voir comme ces trois problématiques s’imbriquent.

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